GÉOLOGIE

Le Bassin Parisien

Le Bassin parisien et les vignobles.

Le Bassin parisien en forme de cuvette ( voir fig. 2), ressemble géologiquement à une pile d'assiettes,  de diamètres différents, empilées les unes sur les autres. Chaque assiette représente une couche de terrain sédimentaire d'âge différent. Ces sédiments d'origine marine ont commencé à se déposer  sur le socle hercynien, qui constitue le soubassement du Bassin parisien, et de pratiquement tout le reste de la France, dès le début de l'ère Mésozoïque ( - 245 Ma) jusqu’à'  la fin de l'ère Cénozoïque ( -1.8 Ma) , lors des transgressions et régressions marines, 

Le Bassin parisien est délimité par plusieurs massifs montagneux hercyniens : Massif armoricain à l’ouest, Massif central au sud, Vosges à l’est,  Massif ardennais (Ardennes) au nord-est et par l'effondrement de la Bresse. Il est ouvert  vers la Manche et le Bassin de Bruxelles (Brabant) au nord. Il couvre les régions suivantes: Île de France, Picardie, Normandie, Centre, Bourgogne, Lorraine et Champagne-Ardenne.

Les formations  géologiques sédimentaires du Bassin parisien,  ont donné naissance aux sous-sols et sols des vignobles de: Bourgogne, Chablis, Auxerrois,Champagne, Anjou, Saumur, Touraine, Centre, Orléanais,  Côtes de Meuse, Côtes de Moselle et Côtes de Toul.

Carte géologique du Bassin parisien

 

Carte géologique Bassin Parisien

 
 

Légende

 

Paysage de Côtes et Cuestas - Les Côtes de Meuse   

Le Bassin parisien est formé de terrains sédimentaires empilés en auréoles concentriques, avec les plus récentes au centre. Les auréoles sont bordées par une cuesta ou côte : Côte de Meuse, Côte de Moselle, Côte des Bars, Côte de Champagne, ….

Côtes de Meuse - Billy-sous-les-Côtes - Photo Michel CRIVELLARO

Vignoble des Côtes de Meuse - Paysage de côte ou cuesta formé de calcaires ou grès, plus durs que dans les zones basses argileuses et marneuses.

 

Formation des côtes ou cuestas -

Le Bassin parisien s’est enfoncé  à l’ère secondaire (Mésozoïque) et à l’ère tertiaire (Cénozoïque). Ses marges septentrionales, orientales et méridionales  ont été soulevées au Néogène (- 23 Ma), par la poussée alpine. Le Bassin de Paris a basculé vers l'ouest.
Lors du soulèvement, l'érosion a attaqué les reliefs, les terrains de roches tendres (marnes, argiles) ont été ravinés, les reliefs de roches dures (calcaires, grès) ont résisté et ont donné naissance aux côtes ou cuestas aux versants dissymétriques : le front de cuesta est en forte pente et le revers est en pente douce , il suit l'inclinaison des formations plus dures.

Au centre à Courgivaux dans la région de Coulommiers, la hauteur de sédiments avant d’atteindre le socle primaire est de 3000 m.

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Coupe des couches sédimentaires du Bassin de Paris

(Fig. 2)

 
 

Légende

 

Histoire géologique du Bassin parisien

Le socle du Bassin Parisien au Permien ( - 295 Ma à - 245 Ma)

Le Bassin Parisien repose sur un socle d’origine primaire, situé à environ 3000 m. Il est constitué de roches granitiques, métamorphiques et magmatiques identiques à celles que l’on trouve dans les massifs anciens environnants: gneiss et schistes verts du Dévonien dans le Massif  ardennais, schistes rouges du Cambrien et Briovérien dans le Massif armoricain...

A cette époque, le Bassin parisien ne ressemble en rien à celui que nous connaissons aujourd'hui, il fait partie d'une grande chaîne de montagnes: la chaîne hercynienne qui comprend  le Massif central, le Massif armoricain, les Vosges et le Massif ardennais. Au Permien, le climat est chaud et humide, la chaîne hercynienne située en zone intertropicale, subit une forte érosion et devient à la fin du Paléozoïque, une vaste pénéplaine nivelée par les dépôts détritiques permiens (sables, graviers,, argiles) provenant de l’érosion des grands massifs, qui comblent les reliefs, vallées, lacs ... . Le soubassement du Bassin parisien est formé.

 

Mésozoïque (- 245 Ma à - 65 Ma)

Le Mésozoïque va être rythmé par des transgressions et des régressions marines sur le socle du futur Bassin parisien. Ces allers et retours de la mer sur le continent vont être d'amplitude variable et venir successivement de l’est (Allemagne), puis du sud-est (domaine alpin), puis du domaine boréal et de l’atlantique. D'importantes couches de sédiments détritiques et marins se déposent au cours de ces millions d’années dans les mers, les lagunes et dans les lacs lorsque que la mer s'est retiré.

Au début, la pleine mer était à l’est, en Bourgogne, en Lorraine et l’océan ou Mésogée s’étendait sur les Alpes. L’Atlantique n’existait pas encore.

  • Au Trias (- 250 à - 200 Ma)
    Au Trias inférieur, il y a 250 Ma, la mer venant d’Allemagne envahit l’est du bassin. Les fleuves charrient vers la vallée les matériaux détritiques (sables, graviers, ...) issus de l'érosion des massifs et les déposent dans les vastes zones deltaïques, qui bordent le rivage de la mer germanique (formation des grès roses vosgiens).
    Au trias supérieur, les lagunes pénètrent plus profondément vers l’ouest, dépassent le méridien de Paris pour atteindre la basse vallée de la Seine (Vernon) et donne une sédimentation argilo-gréseuse et chimique, la forte évaporation (climat très chaud à l'époque) dépose des couches d'évaporites : gypse  300 m d'épaisseur, sel gemme en Lorraine.
    A la fin du Trias, on assiste à une régression, la mer quitte le bassin.
  • Au Jurassique  (- 200 à - 135 Ma)
    Au début du Jurassique, forte transgression marine, la mer revient par le sud-est et recouvre le Massif central et le Bassin parisien, elle dépose des calcaires et des marnes. (600 m dans la région d’Epernay). Le Massif armoricain et ardennais restent émergés.
    Au fur et à mesure que la transgression germanique progressait vers l’ouest, une autre mer, venue d’Angleterre s’avançait vers le sud-est.
    A la fin de l’Oxfordien, une ceinture de récifs coralliens s’édifie en bordure des régions émergées (Ardennes, Vosges, Morvan, Massif armoricain, Côtes de Meuse).
  • Crétacé (- 135 à - 65 Ma)
    La mer revient par le seuil de Bourgogne, suivie par une forte transgression marine venant du nord-est qui envahit le bassin et dépose d’épaisses couches de craie jusqu’en Angleterre et en Mer du Nord, des épaisseurs qui varient de 300 m à 800 m. Tout le bassin est immergé et s’affaisse progressivement par subsidence. A la fin du Crétacé, on assiste à une régression marine.

    Quelques types de dépôts de craies :

    • Le tuffeau en Anjou et en Touraine est une craie, micacée et grenue qui s'est formée au Turonien (- 93 Ma ). Il  a été utilisé pour la construction des châteaux de la Loire.
    • Craie turonienne marneuse et grisâtre au nord du bassin surmontée par la craie blanche du Sénonien (localité de Sens)
    • Craie blanche à silex
 

Cave des producteurs de vins de Montlouis dans la craie de tuffeau - Photo Michel CRIVELLARO

 

                          Caves de Montlouis creusées dans le tuffeau

 

Cénozoïque (- 65 à - 2 Ma)

Au Cénozoïque,  le Bassin parisien subit de nombreuses incursions marines séparées par des périodes d'émersion. A partir du Lutétien (- 45 Ma), de nombreuses couches de sédiments  vont se déposer : calcaires grossiers de Paris, calcaires de Brie ...,   gypses, et lors de la dernière transgression marine sur la région les sables de Fontainebleau ...

Quelques types de sédiments et de produits détritiques déposés durant cette période par la mer ou le réseau fluviatile sur le Bassin parisien:

  • Calcaires de Rilly
  • Marnes de Dormans
  • Calcaires Lutéciens (- 41 Ma)
  • Gypse (- 40 Ma)
  • Au Ludien (- 37 Ma), marnes de Ludes dans la Montagne de Reims.
  • Sables de Fontainebleau au Stampien (- 34 à - 27 Ma)
  • Calcaire de Beauce (- 20 Ma). Le bassin de Paris devient un grand lac.
  • Les cours d’eaux chargés d’apports détritiques venant du Massif Central en cours d’érosion, déposent les sables de l’Orléanais et de Sologne.
  • Les faluns de Touraine et d’Anjou. Au Miocène moyen (- 15 Ma), une transgression atlantique, envahit la vallée de la Loire de Nantes à Blois. Et dépose des sables riches en mollusques: les faluns.
 

Quaternaire (- 1.8 Ma)

Le quaternaire, époque glaciaire, façonne le relief actuel. Mise en place du tracé des rivières que nous connaissons. Dépôts fluviatiles sur les plateaux et dans les vallées. Dépôt de sédiments éoliens  (20 m), le lœss.

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Ci dessous, colonne stratigraphique représentant les différentes couches de sédiments qui se sont déposés en Touraine, du Jurassique au quaternaire, lors des différentes transgressions marines. Photo extraite du livre: Geologie de la France Jacques Debelmas - Paris : Doin, 1974

Colonne stratigrahique de la Touraine

Bibliographie

 

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