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Histoire géologique de la Provence.

L’histoire géologique de la Provence commence au Protérozoïque, les rares témoignages qui restent de cette époque sont les gneiss de Bormes-les-Mimosas (- 640 Ma).

L’histoire se précise au Paléozoïque.
 Au cours de cette ère, au Carbonifère (-360 à – 295 Ma), le mouvement des continents provoque la surrection d'une grande chaîne de montagnes, la chaîne hercynienne appelée aussi varisque, qui s'étendait de l'Europe centrale à l'Afrique de l'Ouest et à l'Amérique du Nord. Le Massif armoricain, le Massif central, les Vosges, les Ardennes et la chaîne Pyrénéo provençale sont d'origine hercynienne.

La Provence, la  Corse, la Sardaigne, faisaient partie à l’époque de la chaîne  Pyrénéo provençale, massif  montagneux  positionné  dans la partie  sud de la chaîne hercynienne

Carte géologique de la Provence - Michel CRIVELLARO

Carte géologique de la Provence

La Provence cristalline

De la Provence hercynienne,  seuls affleurent aujourd’hui les massifs des Maures, de Tanneron et de l’Esterel. Ils forment la Provence cristalline avec son socle ancien composé de roches métamorphiques et granitiques.  

Le socle hercynien ancien est présent dans toute la région  provençale, invisible, mais il est  enfoui sous d’épaisses couches de sédiments déposés pendant l’ère secondaire et tertiaire, sous la Provence calcaire.

Au Paléozoïque,  la chaîne hercynienne s’élève, l’érosion est intense. A la fin du Permien, la chaîne Pyrénéo provençale comme l’ensemble des massifs hercyniens, est arasée par l’érosion intense. Elle  prend l’aspect d’une vaste  pénéplaine.

Les matériaux détritiques de l’érosion : sables et graviers s’accumulent dans les zones basses, dans les creux des reliefs, et principalement au pied nord de la chaîne Pyrénéo provençale,  sur des épaisseurs de 2000 m et plus. Le climat est selon les périodes soit très chaud et sec, soit chaud et humide. Les matériaux  se consolident en grès, couleur lie-de-vin. Ils vont formés la dépression permienne. La dépression permienne entoure le massif des Maures d’Hyères à Saint-raphaël.

Au Permien, une importante activité volcanique vers – 275 Ma déverse de grandes quantités de laves des rhyolites, roches volcaniques connues sous le nom de « porphyres rouges », qui vont donner naissance au massif de l’Esterel.

Le Massif de l’Estérel fait partie des merveilleuses curiosités touristiques à découvrir dans la région.

Massif de l'Esterel constitué de porphyres rouges  - Photo Adrien CRIVELLARO

Massif de l'Esterel constitué de porphyres rouges .

La Provence calcaire et alpine

Au dessus du socle hercynien et de son manteau détritique permien, la Provence calcaire est caractérisée par sa couverture sédimentaire secondaire et tertiaire. Les roches calcaires formant la plupart des massifs de Provence proviennent de sédiments marins déposés  par la mer qui recouvrait toute la région.

La Provence calcaire s’étend de la vallée du Rhône à l’ouest jusqu’au massif des Maures et du Tanneron à l’est, et de la mer Méditerranée au sud à la Durance et au Verdon au nord. 

Ère secondaire ou Mésozoïque (- 245 Ma à - 65 Ma)

Pendant l’ère secondaire, le socle hercynien sur lequel repose la Provence actuelle, aplani par l’érosion,  est recouvert par une mer profonde. D’importantes couches de sédiments marins calcaires se déposent au cours des trois périodes géologiques qui constituent cette ère (Trias, Jurassique, Crétacé).

  • Au Trias (- 245 Ma à 205 Ma) se déposent  des grès, des calcaires dolomitiques, des marnes. A la fin du Trias, après un retrait de la   mer, dans les zones lagunaires se déposent des évaporites, des argiles et des gypses.
  • Au Jurassique (- 205 Ma à - 135 Ma) et au Crétacé inférieur (- 135 Ma à - 96 Ma), la mer revient et on assiste selon les endroits et les époques  à des dépôt de plus ou moins grande épaisseur de marnes, de calcaires dolomitiques, urgoniens,  ou de calcaires récifaux dans les gorges du Verdon.

 Les phases tectoniques

La Provence va connaître de nombreuses phases tectoniques, provoquées par la formation des Pyrénées et des Alpes. La couverture sédimentaire  va se décoller du socle, glisser et se plisser.

  • A l’Albien (- 108 Ma à 96 Ma), au passage Crétacé inférieur - Crétacé supérieur, la Provence émerge sous la forme d’une terre basse, ce mouvement est appelé le « le bombement durancien ». Une forte érosion se met en place. La mer revient.
  • A la fin du Crétacé (- 65 Ma), la mer se retire à nouveau à la suite d’une surrection d’ensemble de la région et d’un mouvement de basculement du sud vers le nord.
  • Le coulissage de la plaque  ibérique par rapport à l’Europe provoque la surrection des Pyrénées, c’est la phase pyrénéo provençale. Les couvertures sédimentaires se décollent de leur socle Une importante phase de plissement   met en place les reliefs de la Sainte Baume, Sainte Victoire, Etoile, Nerthe.
Montagne de la Sainte-Victoire - Aix-en-Provence - Photo Adrien CRIVELLARO

Montagne de la Sainte-Victoire - Aix-en-Provence

Tous ces chaînons de Provence sont d’axe est-ouest  perpendiculaires à la poussée venant du sud.

Ère Tertiaire ou Cénozoïque (- 65 Ma à -1.8 Ma)

  • A l’Eocène (-53 Ma à - 34 Ma), la Provence émerge.
  • A l’Oligocène (-  34 Ma à - 23.5 Ma),  les reliefs sont détruits par l’érosion. Les dépôts sédimentaires vont être continentaux, détritiques.
  • La plaque Afrique change de cap et les contraintes de compression se transforment en contraintes de distension :
    le couloir rhodanien s’affaisse de la Provence à la Bresse
  • La Corse et la Sardaigne se séparent de la Provence et du Languedoc pour aller prendre leur position actuelle.
  • Au sud, la chaîne pyrénéo provençale s’effondre sous la mer, le golfe du Lion s’ouvre.
  • De nombreux fossés d’effondrement se forment où s’installent des lacs. Dans lesquels vont se déposer des sédiments qui formeront des roches calcaires : marnes, calcaires à plaquette du Lubéron. L’abbaye cistercienne de Sénanque est construite dans l’un de ses effondrements.
Abbaye de Sénanque dans le Lubéron- Photo Adrien CRIVELLARO

Abbaye de Sénanque dans le Lubéron,  près de Gordes située au fond de son bassin d'effondrement

Les Alpes commencent leur surrection.

  • Au Miocène (- 23.5 Ma à - 5.3 Ma) , les plaques Afrique et Eurasie convergent, c’est la phase alpine. Elle est à l’origine de la formation des massifs du Luberon, des Alpilles, de l’Arc de Castellane
Massif des Alpilles. Photo Adrien CRIVELLARO

Massif des Alpilles.

  • La mer revient  dans la partie ouest de la Provence et le bassin du Rhône. De 5.8 à 5.3 Ma , suite à des mouvements tectoniques, la Méditerranée se ferme au niveau de Gibraltar, ce qui provoque une forte évaporation de la mer, les fleuves creusent alors des canyons de 300 m dans la vallée de la Durance. Cette période est appelée crise messinienne. Puis le passage de Gibraltar s’ouvre à nouveau et la mer revient.
  • Au Pliocène (- 5.3 Ma à - 1.8 Ma) se forme le bassin de Valensole qui se comble des alluvions charriées par la Durance depuis les Alpes.
    Sous l’effet des derniers mouvements alpins, la région se soulève, comme le plateau du Verdon dans lequel la rivière s’encaisse creusant les gorges du Verdon.
    La Provence bascule vers le sud. La mer se retrouve au sud dans sa position actuelle de mer Méditerranée.

Ère Quaternaire ( - 1.8 Ma à - 10 000 ans)

Au cours des deux derniers millions d’années la tectonique alpine est réduite. Les Alpes, les Pyrénées, les Vosges et le Massif Central se couvrent de glaciers pendant les différentes périodes glaciaires. 

En Provence, le climat très froid provoque une érosion importante qui façonne les paysages. La Durance et le Rhône charrient de grandes quantités de matériaux : galets, graviers, sables arrachés aux reliefs qui forment les alluvions du lit des fleuves

En résumé :

L’histoire de la Provence commence au primaire avec la surrectione de la partie sud de la chaîne hercynienne, l’activité volcanique dans l'Esterel et l’érosion qui se manifeste durant cette période.

Au secondaire, les transgressions marines déposent d’importantes couches de sédiments marins calcaires. Ces terrains vont se soulever, glisser, se plisser lors de la formation des Pyrénées et des Alpes et former les chaînons alpins de Provence (Luberon,  Alpilles, Arc de Castellane, reliefs de la Sainte Baume, Sainte Victoire, Etoile, Nerthe…).

Parallèlement on assistera à l’effondrement du bassin rhodanien et méditerranéen , à la formation du Golfe du Lion, à la séparation  de la Corse et de la Sardaigne, au positionnement de la Péninsule Ibérique et à la mise en place d la mer Méditerranée.

Les vignobles de Provence

Vignoble de Bandol - Photo Adrien CRIVELLARO

Vignoble de Bandol

Les massifs calcaires de la Provence culminent a plus de 1000 m d’altitude à quelques kilomètres seulement de la mer. Leur sol est généralement peu épais. Les terrains sont propices à la culture de la vigne.

La vigne se répartit sur cinq zones principales:

  • le Massif  des Maures,  avec son socle cristallin composé de micaschistes, de gneiss et de granites. Le vignoble est situé  en bordure de mer et au creux du massif entre Hyères à Fréjus, sur un sol brun de schistes, de grès et de colluvions.
  • la dépression permienne, une vallée étroite creusée par l'érosion dans les massifs calcaires et autour du Massif des Maures, selon un arc qui va de Toulon  à Saint-Raphaël. Le vignoble repose sur un sous sol  constitué de grès rouges du Permien, recouvert de sols argilo-sableux de couleur lie- de vin et de colluvoions qui se sont détachés des reliefs cristallins et calcaires qui entourent la dépression.
  • le plateau triasique et les collines calcaires du jurassique offre un paysage de collines et de vallons calcaires au nord de la dépression permienne. Les vignes reposent sur un sol calcaire d'argiles rouges et de colluvions.
  • le bassin du Beausset de formation calcaire blanc du crétacé s'étend sur plusieurs communes voisines de Bandol dans un cirque ouvert sur la mer.
  • le Haut-Bassin-de-l'Arc entre  la montagne Sainte-Victoire et  les coteaux de la Sainte-Beaume. Le vignoble repose sur un paysage de coteaux au pied au pied de la montagne Sainte-Victoire. Le sol brun repose sur des  grès et d'argiles du crétacé, sur des colluvions et alluvions provenant des massifs calcaires environnants.

Les vignobles de Bellet et de Pierrevert excentrés sont implantés sur des sols qui datent du Pliocène.